Renée Robitaille, une conteuse, une vraie !

D’Abitibi à la scène

« Tous les mineurs que j’ai rencontrés portaient cette petite fiole au cou. Une fiole en or. Sur laquelle la mine avait inscrit « 20 mai 1952 ». Autour de mon cou, c’est la fiole du Grand Zaphat qui pendait. On m’avait chargé de lui remettre. J’ai arpenté les terres de l’Abitibi. J’ai cherché le Grand Zaphat, dans les tavernes, dans les mines. Et je l’ai trouvé à travers les histoires de tous les Hommes de pioche qu’il a sauvés ce jour-là, le jour où le marécage est entré dans la mine. », c’est que nous raconte la touriste partie au pays des Mille tomates qui a rencontré un ancien de la mine. Et de fil en aiguille nous voilà plongés dans les profondeurs des mines d’Abitibi et des histoires croisées de famille et des “hommes de pioche” , qui se rencontrent tous à ce point de jonction: la catastrophe du 20 mai 1952.Robitaille_hommesdepioche

Mais au delà de ces récits de vie je voudrais vous dire que Renée Robitaille est une conteuse (et actrice) d’un grand talent. Une vraie conteuse, qui n’a pas à rougir de sa jeunesse et de sa féminité. (L’auteur de ce billet s’excuse de cette implication volontairement personnelle qui n’a rien à voir avec le charme évident de la conteuse). Car Renée Robitaille sait nous transporter avec énergie sur ses terres natales. Son jeu multiple, riche en couleurs, et aux mouvements précis, sans artifice est au service d’un récit excellemment mené. Et si « nous autres » – français cette fois – attendons toujours avec une émotion parfois un peu condescendante que l’accent québécois nous amuse… et bien nous serons déçus : chez Renée Robitaille, l’accent et les mots sont au service de la transmission de la vie (oh combien rude) de ces hommes et ces femmes qui « drillent » dans la mine*. Pas pour l’amusette de leurs cousins d’outre Atlantique ! Et de ce fait, ils sont tous là, devant nous, le grand Zaphat, la grand-mère, l’italien, la première “drilleuseuse”.

Pour un vrai spectacle d’humanité !

Côté spectacle, je ne voudrais pas oublier non plus Etienne Bienvenue, son compagnon de scène et de vie qui gère bruitages et musique. Avec un mac-book ! çà on ne l’avait encore jamais vu sur scène (comme les temps changent!). Et dans la vie ils (Renée et Etienne) gèrent aussi 3 pirates, mais c’est une autre histoire. Enfin presque !.

Culture et ruralité

Je parlais d’implication personnelle:  je voudrais avoir une pensée pour toutes les spectatrices et tous les spectateurs qui se déplacent en grand nombre (ils étaient plus de 200 à Château-Renault ce mardi 13 octobre 2009) pour passer ce moment de veillée (intime malgré le nombre). Merci à eux d’avoir d’avoir pris le temps du partage. Un encouragement, pour celles et ceux qui jour après jour s’efforcent, avec les bibliothèques (clin d’oeil : celle de Château-Renault a bien fait les choses – comme d’habitude, mais c’est mieux en le redisant) de faire vivre la ruralité culturelle.

Didier GUILBAUD, Directeur du Livre et de la Lecture Publique, Promoteur du “Festival de la Parole – Conteurs en Touraine “

* la première, Sylvie, commence à “driller” en 1986. c’est une amie de la Grand-mère.

** Pour aller + loin le site de Renée Robitaille

1 commentaire

  1. A propos du conte : notre rôle dans la diffusion culturelle. « Ruralement vôtre a dit, le 14 octobre 2009 à 18:01

    [...] y a peu j’ai publié sur TouraineMedia un billet sur Renée Robitaille (« Renée Robitaille, une conteuse, une vraie ! »). Outre l’aspect critique (enthousiaste) du spectacle (super spectacle) qu’il m’a [...]

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